• Lettre ouverte à Orpi Etoile (Nîmes)

    Je vous déteste.

    Je commence cette lettre ouverte de cette manière, comme ça vous savez à quoi vous attendre avant même que je termine cette lettre. Vous connaissant, vous n'en avez que faire, alors vous pouvez la lire en partant de la fin. Voire la survoler si ça vous chante. Voire ne pas la lire du tout. Je m'en fiche.

    Venons-en au faits. Il y a de cela trois ans, j'avais loué un appartement sympa, un studio ensoleillé, orienté vers le Sud. Ce n'était que 17m², je le payais 400 euros par mois, 400 euros auxquels il fallait soustraire l'argent que je touchais de la CAF. Mais la vue était belle et l'immeuble tranquille, donc je n'en tenais pas rigueur. J'ai toujours payé mon loyer sans rechigner.

    Au début, l'appartement situé en face de chez moi était loué par une fille tout ce qu'il y a de plus normal. Le mois de Juin suivant, cette fille s'en est allée. Deux mois plus tard, un autre locataire est arrivé et les ennuis ont commencé. J'ai rapidement deviné que j'avais là affaire à un trafiquant de drogues. Il y avait un garçon et une fille. Ils ont commencé à faire du bruit. Toutes les nuits. Je ne dormais pas. Encore aujourd'hui, mon rythme est perturbé et il m'arrive de dormir par à-coups. Encore aujourd'hui, un an après avoir rendu l'appartement.

    Je continuais de payer le loyer sans rechigner. Mais les ennuis n'ont fait que commencer. Un jour, ma mère vous a téléphoné pour vous expliquer le problème. Votre réponse a éclaté comme un coup de tonnerre : ce n'est pas votre problème. A vrai dire, l'immeuble dans lequel j'habitais, le Clos des Pins, n'était haut que de deux étages, donc si vous y perdiez des locataires, votre Chiffre d'Affaires n'en aurait été que peu influencé. Du coup, vous vous êtes contenté de m'ignorer comme si j'étais une "source négligeable de revenus". Tant pis s'il m'était arrivé quelque chose.

    Aux tapages nocturnes habituels, il fallait ajouter des boîtes aux lettres fréquemment fracturées, des mégots dans l'ascenseur et des odeurs de drogue dure dans les couloirs. Trois jours avant que j'aille en Finlande, ils ont failli défoncer ma boîte aux lettres alors que j'attendais ma carte vitale Européenne. Il a quand même fallu que j'aille la chercher en mains propres. Ma vie était devenue un Enfer. Cet Enfer a duré deux ans. Et je vous payais le loyer pour ça.

    Vous m'entendez ? Je vous payais le loyer pour ça. Pour que ma vie devienne un Enfer. Un putain de loyer pour ça. Un jour, quelqu'un a guetté en bas de l'immeuble. Deux hommes sont venus et se sont mis à défoncer la porte en face de chez moi à coups de disqueuse qu'ils avaient branché je ne sais pas où. Plus loin, on pouvait entendre un enfant pleurer et sa mère qui essayait de lui dire comme elle pouvait de ne pas faire de bruit.

    Et vous osez encore dire que vous n'en avez rien à foutre, quand bien même ce sont vos appartements. Non, vous n'en avez rien à faire, parce que ce n'est qu'une source infime de revenus. Moi, pendant ce temps-là, j'étais mort de trouille, caché sous mon lit, le drap au-dessus de moi pour étouffer jusqu'au moindre bruit, mon téléphone en silencieux, même pas en vibreur. A chaque moindre bruit que je faisais, on bombardait ma porte de coups de poings. Ma mère est venue me chercher dans la panique et j'ai dit adieu à cet Enfer. Mais je continuais de payer le loyer, encore trois mois après. J'ai rendu l'appartement.

    Et vous pensez que cette histoire s'arrête là ? Détrompez-vous. Vous avez vu en moi quelqu'un de gentil, de bon et toujours serviable. Un jour, vous m'avez appelé, le jour où j'étais le plus fatigué, pour me demander d'être présent lors de la visite de l'appartement. J'y étais, ce jour-là. Vous n'y étiez pas parce que vous aviez autre chose à faire (je vous cite : "une formation à Montpellier"), et vous aviez exigé que je fasse le travail à votre place, prétextant que le futur client n'était pas de la région et donc qu'il aurait été dommage qu'il se déplace jusqu'ici pour rien. Ce n'est pas de ma faute si vous êtes mal organisés. J'y étais. Pas vous. J'ai sacrifié mon temps libre pour faire le travail à votre place. En d'autres termes : j'ai fait des heures supplémentaires à votre place. Et je n'ai pas été payé pour faire votre travail.

    Vous m'avez pris pour un pigeon. J'étais là et pas vous. J'ai fait votre travail à votre place, sans rien demander en retour. Par contre, est-ce que vous m'avez aidé lorsque ma mère vous a annoncé qu'il y avait des dealers dans l'immeuble ? Quel idiot j'ai été, de vous payer le loyer pour cet Enfer ! L'appartement a été repris par une fille. Elle n'est pas restée longtemps, et je crois même qu'elle est déjà partie. Ces jours-ci, à chaque fois que je passe devant mon ancien chez moi, les volets sont fermés. Cet appartement est maintenant "maudit" et personne ne voudra vous le reprendre. Et vous savez quoi ?

    Vous l'avez bien mérité.

    Cette lettre est déjà trop longue. Je ne suis pas sur Facebook, alors je ne peux pas noter votre agence et cliquer sur l'étoile la plus à gauche. Oui, je vous aurais mis 1, pour m'avoir demandé de payer un loyer pour ça. Un Enfer qui m'a brisé, physiquement, socialement et moralement. Je vous aurais mis 1 parce que sur Internet, il est impossible de mettre 0. Vous ne pouvez pas être pire que ce que vous êtes actuellement. A moins que vous ne deveniez Satan à la place de Satan.


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